Sans Correspondance

12.11.2010 | Sans Correspondance

par T. Porteur ("Au Trou" n°1, nov. 2010)

L'hiver approche. L'autre soir, piégé par l'imprévoyance, j'ai marché environ cinq heures, jusqu'à 3h30 du matin, pour ne pas finir congelé. J’ai arpenté le neuvième arrondissement car j’y ai depuis le temps repéré les bouches d’aération du métro. L’odeur n’est pas terrible mais ça réchauffe bien. Une autre nuit j’ai réussi à dormir dans un chantier de la rue Taitbout, à côté d’un extracteur d’air d’une grande banque. Ça pue aussi mais c’est mieux que le froid. Je me demande ce que les banques peuvent bien chauffer ainsi, la nuit. Il faut éviter les grands axes car avec le vent ça caille encore plus. Je marche lentement, histoire de pas flinguer mes godasses trop vite. J'ai fini par prendre le bus de nuit, celui qui fait le tour des gares, pour avoir un peu chaud. Ça s’appelle le « Noctilien N01 » ou la « ceinture des gares ». 


16:24 Publié dans Fauchon la Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Tags : au trou, porteur, fanzine